le cinéma

le cinéma
Ca a commencé très tôt, je me rend compte. Mon premier souvenir c'est bambi... c'est une déception. Je dois être très lié au 1er art car bambi c'est moi, peureux et o... Donc après cet échec, j'ai pleuré longtemps, mes parents étaient déçus, ils avaient de la peine de me voir pleurer comme ça pour la mort d'un acteur, d'un animal sans conscience. Bambi ne m'a pas appris la mort, il m'a appris que la mort cause du chagrin. En fait, j'adore les animaux. Mais ce que j'aime le plus c'est les happy end. Vous savez pourquoi? A force de s'instruire on s'ennui de la cruelle vérité et on ne pense qu'à s'enfuir dans nos rêves. Bref ma première approche n'a pas été qu'une déception, elle a été très forte, c'est mon film prophète. Après j'ai vu des films comme Willow dans lequel j'ai appris le désir sexuel (pour celle aux firmaments de cuivre) ou la révolution de 1789 où j'ai connu la guerre (vers 9-10ans) mais surtout la révolution. J'ai aussi connu Mad Max grace à mon père, mon premier road movie, ma réelle passion intellectuelle et mon deuxième fantasme (la nana qui défend la citerne quand max essaye de se barrer avec). Mad Max c'est aussi le premier film dont j'ai revisionné une scène plus de 100 fois, celle lorsqu'elle meur d'une flèche, ça me faisait trembler...Mon premier très grand souvenir, ne vous étonnez pas cela m'étonne moi même, c'est un opéra. D'ailleurs je ne l'ai jamais retrouvé...il s'appellait Casse Noisette et il y avait une femme qui portait une robe immense en forme de dome sous laquelle des enfants tournaient en rond autour de ses jambes. Je me souviens même que j'avais espérer la voir sans robe, j'avais 10 ans. Si j'ai connu la musique à mes 6 ans grace à mon professeur de cp dont je ne me rappelle plus le nom( ah si mr Ferrier ), je l'ai définitivement découverte dans cet opéra. Au collège, vide culturel par excellence, où l'on préfére jouer au baby foot ou délaisser l'art qui nous a tant dévoilé spirituellement la vie pour la vivre par la pratique: j'ai commencé à aimer. Il n'y a que ça qui peut me détourner du cinéma et encore c'est fini. Au collége, il y avait un club pour apprendre à manier une caméra et moi je me foutais ouvertement de leur gueulle peut etre parce que mes potes le faisaient et aussi parce que j'étais jaloux.... (il est tard la suite plus tard)

# Posté le dimanche 17 juin 2007 21:25

Modifié le samedi 20 octobre 2007 06:32

Jugement dernier

Jugement dernier
On dit que rien n'est jamais joué, on dit tant de choses qu'on finit par espérer. Et pourtant...un couteau est si vite planté. La chair si fragile se fend comme ces fruits exotiques qui finissent par se vider de leur subtance pour le plaisir de gens peu scupuleux. Quarataka! Ou vais-je? Il n'y a rien à l'horizon dans ce désert de situation. Pourtant il y en a des choses, mais que de fatigues, d'agacement, de sentiment d'injustice... je ne pensais pas mériter la peine capitale. Dieu n'a rien pu y faire. Les injustes dit-il sont déjà condamner à l'enfer, il ne peut rien faire de plus, rien que de s'attrister du pauvre sort des justes. Et puis il y a les regrets, les regrets multiples et variés, ceux d'avoir gaspillé mon temps aux affaires d'un mécréant et d'une sensible aux beaux airs. Tant de travail, tant d'acharnement, tant de progression qui au final se voit anihilés par l'inquisiteur en apparence, par le roi des désillusions, mais le roi.
thibault RENARD et fier de l'être!!!!!!

# Posté le samedi 16 juin 2007 08:27

Modifié le samedi 20 octobre 2007 06:35

Un lieu qui balance

Un lieu qui balance
Les traits de la foudre étincellent le ciel et l'eau du fleuve coule encore. J'entends des rires d'enfants abandonnés là-bas sur la colline et des animaux qui chantonnent leur hymne à la vie. Dessous moi, des rayons jaunes et blancs vont droit devant et d'autres, rouges, vont droit derrière. La mince rambarde rouillée sur laquelle je pose mes fatigues du jour tremble sous les bourrasques du vent. Moi, j'erre pensivement. Il y a aussi ce magnifique péage, cette ode à la technologie, qui m'éblouit de magnificence. Elle est partie et moi je vais dans l'autre sens. Puis il y a ce jour si émouvant, ce jour qui, des années après, me donne l'apparence d'un de ces nombreux rayons jaunes et blancs. Je passe dessous ce lieu qui m'a tant ravit quatre ans auparavant. Quelle triste joie. Le souvenir balance et tout réapparaît avec sa réincarnation mentale et sensitive.
Un lieu géographique est l'entité de bien des souvenirs. Ne pourrait-il, un au hasard, être l'unique élément spatial d'un film ?

# Posté le dimanche 10 juin 2007 07:33

une nuit un brouillard un souvenir

une nuit un brouillard un souvenir
Quelle beauté. Elle resplendit et mon coeur se charge de cette matière insaisissable qu'on nomme l'expression des pleurs. The Lonely Shepard. Elle m'est définitivement étrangère et moi je me sens l'envie de l'aimer comme autrefois. Elle a refait sa vie, ne pense plus à moi. Et puis, il y a ce souvenir, ce détestable souvenir d'une période infame qui parait maintenant être la plus belle, la plus pure. Que je l'aime, cette princesse des mers, cette pirate qui m'ensorcelle. Elle m'a fait chavirer et m'aspire encore dans les profondeurs d'une mer dont la surface est le commencement d'une nouvelle profondeur, d'un brouillard pesant sur mon âme. Oh créature de mes détresses, je ne pense pas qu'à toi dans mon malheur. Laisse moi quitter bord, une deuxième fois, pour que je me sente dieu de mon humanité. Ses firmaments couleur charbon, ses "cyclopèdes" aux traits étirés semblables à ceux d'une déesse d'orient me bercent et m'élancent toujours jusqu'au néant. Dieu que la prière est intolérable en ces jours où je ne cesse de penser à toi. Tu ne me quittes plus. L'amour complet dure un jour mais il se complet à s'étendre toute une vie, un petit peu, un petit peu trop.
tibo.r

# Posté le vendredi 08 juin 2007 17:47

Modifié le samedi 09 juin 2007 19:16

La spirale de l'attraction

La spirale de l'attraction
On n'écrit pas pour écrire.
A ceux qui critiqueraient les changements de registres abusifs, je leur répondrai qu'on ne traduit pas le chaos juvénile par la rigueur la plus formelle.
L'auteur dénonce les mauvaises m½urs dont il s'est repenti, et pour cela, il use de la plus honnête franchise. Bonne lecture.


Merci à Dorothée et Cécile pour leur précieuse aide.
A Michelle.


Édouard l'observait du haut d'une pente, la main en guise d'abat jour, et sans bouger, il ne cessait de regarder en direction du bac à sable. Une femme était assise sur un banc à proximité, et un enfant qui, parce qu'il n'y avait personne d'autre, semblait être le sien, remontait sur le toboggan après l'avoir descendu. Ce parc avait été aménagé dans le quartier peu de temps auparavant, il y avait en plus d'un toboggan, une balançoire et même un tourniquet. Édouard, de par son allure, paraissait imprévisible, impalpable. Il avait le visage sévère. Certain passants le dévisageaient, d'autres l'ignoraient comme s'il faisait partie du décor pareil à une statue chrétienne, intruse Sainte, qui peuple nos campagnes aujourd'hui déchristianisées. Il est rare de voir quelqu'un d'aussi statique, vivant en dehors de lui-même pour quelque chose qui le travaille, l'obsède au point de laisser là un corps inanimé, déserté de toute humanité. Il était comme entièrement ankylosé.
Tandis que la femme surveillait béatement l'enfant, elle semblait porter bien plus d'attention aux pans de sa robe blanche. Édouard, quant à lui, commença à avancer vers elle et à dévaler la petite pente, à l'instant même où cette dernière se leva, après avoir soigneusement soutenu les petits volants de sa robe à taille haute. Debout, elle se détourna soudainement vers lui, sans même laisser le temps à son corps de suivre le mouvement que son esprit lui avait ordonné d'exécuter, pareille à la Merveilleuse au béguin d'Horace Vernet qui, de son air provocateur et de son style extravagant, vous donne la sensation intense d'être de trop. Édouard s'arrêta à nouveau, paralysé par son regard perçant qui, du noir de ses pupilles, anéantit toute euphorie ainsi que vos désirs charnels animés par sa charmante silhouette.
Ils portaient en eux ce lien si cher aux humains, si remarquable qu'il n'en existe pas dans la nature. C'était sûr, je venais de voir une scène de couple, d'amour ancillaire. Je leur volais leur dernier moment d'intimité, une douce discorde, n'ayant de forme que par l'effet qui en émane. Édouard, dont le visage blême semblait exhiber davantage que toute l'hostile pétulance des expressions précédentes, s'avança vers elle, vers cette femme, cette muse à la fois ravissante et mortifère. Elle reculait, instinctivement peut-être, et fit ce que toute autre femme aurait fait à cet instant : elle courut vers son enfant, le prit dans ses bras et cria : « Ne lui fais pas de mal ». Mais elle savait très bien que s'il en avait contre quelqu'un, ici, c'était contre elle. Alors elle pleura, pleura encore plus fort, puis se mit à trembler de tout son corps comme si ses nerfs avaient lâché. Lui, continuait à avancer doucement. Les lambeaux de ses oripeaux flottaient lui donnant une dimension mystérieuse et quasi divine. Il sortit quelque chose de sa poche, le brandit en hauteur comme on brandirait une arme blanche, elle ferma les yeux, moi aussi. Je n'ai perçu qu'un bout de phrase dans sa vocifération : « Tu m'as trahi, tu m'as abandonné », un hurlement en « ah » majeur, puis un cri de femme mêlé aux gémissements de l'enfant.
J'ai ouvert les yeux doucement et à peine avais-je commencé, je vis qu'il gisait mort sur le sol. J'ai accouru vers lui, vers eux. Quand je suis arrivé, je me suis agenouillé auprès d'Édouard dans la même position que sur la gravure le mort de Maserell. Je n'ai pu constater que le décès, son pouls venait tout juste de s'arrêter, il était encore chaud à l'intérieur et il saignait abondamment au niveau du c½ur, là où l'arme était enfoncée. Je l'ai couvert de mon manteau jusqu'au cou m'attardant sur son visage et je me suis mis à réfléchir pendant qu'Emma larmoyait tout en rattachant son béguin au menton. Aujourd'hui, je vois à quel point j'ai pu vieillir, à quel point j'ai envie de tout recommencer, à quel point je hais tous ces enfants qui naissent et qui verront un jour ou un autre, un brin de vie qui m'est déjà interdit. C'est drôle de croiser quelqu'un d'inerte avec qui on a partagé la turbulente insouciance de l'enfance. C'est ainsi que j'ai décidé d'interrompre ma vie, épiant son cadavre béant, suspendu de toute vitalité. Emma, elle, chantonnait à genoux cet air si familier qui ne l'était pas en réalité. Au contraire, il venait tout juste de naître de ses larmes, créé ex nihilo. L'art naît bien d'un sentiment négatif, d'une haine inconsidérée, d'un esprit torturé. C'est à ce moment que je compris qu'elle l'aimait toujours, à ce moment là que je vis dans la lueur de ses yeux un message dont l'essence perceptible semblait m'indiquer qu'elle préférait être seule avec lui, avec ce corps qui commençait déjà à montrer des signes de coagulation sanguine. Moi j'étais heureux et je me foutais bien de ce qu'elle pouvait penser. Je suis resté.
Je me rappelle bien d'Édouard. On oubli pas facilement un animal d'une espèce dont il était le seul représentant. Certains disaient qu'il venait d'une autre planète, c'est peut-être vrai. Je pense plutôt qu'il était unique et que ceux qui osaient le nommer du doux nom d'extra-terrestre n'auraient pas du inconsidérément se vanter d'être un habitant estimé pour des qualités que tout le monde peut posséder. Ce n'est pas facile de dresser une biographie d'un être coquin et rusé parce qu'on sait jamais si ce qu'il dit c'est vrai. En réalité, quelques moments tangibles de sa vie, que j'ai eu l'honneur de partager avec lui, sont restés gravés dans ma mémoire. Par-ci par-là.




Tout a commencé aux années lycée, je l'ai rencontré sans le vouloir, lui non plus. On avait été désigné à vivre ensemble une année dans la même chambre d'internat. Au début ce n'était pas facile, il était vraiment fou, d'ailleurs c'était comme ça qu'on l'appelait tous, « le fou ». Je me rappelle surtout de ses actes. Il jetait des peaux de bananes par terre ou contre les vitres, crachait derrière son armoire et passait son temps à se frictionner le corps sur son lit sans même en demander notre avis, tout ça dans notre chambre. Il nous disait que c'était la recherche même du bonheur. Bref, on a fini par céder, mais pas pour n'importe quelle raison. Il possédait une de ces auras, si puissante, qu'on était devenue ses doubles. En un rien de temps, on ne pouvait plus se plaindre à la femme de ménage. Je me rappelle bien de cette vieille femme, abimée par tant de labeur. Un jour elle était venue nous chercher en cours pour nous faire nettoyer la piaule. Elle répétait tout le temps, « Grand Dieu, c'est pas chrétien ça, non mais c'est pas chrétien une chose pareille ». Heureusement, elle avait un esprit simple. Combien de fois aura-t-elle pu nous surprendre sans jamais rien n'oser en redire à ses supérieurs de peur d'avoir mauvaise conscience ? Je ne sais pas.
On fumait de plus en plus, devant le bahut, dans les toilettes, et même les couloirs portaient en eux l'odeur unique de la substance. Tous les soirs, on attendait le dernier passage du surveillant puis on se glissait sur le rebord de notre fenêtre après en avoir roulé un qui allait nous envoyé droit au paradis. On était au deuxième étage et qui plus est au sommet d'une colline qui surplombait toute la ville. C'était le moment jovial de la journée. Le matin on ne pensait pas à ce qu'on avait fait la veille mais à ce qu'on ferait le soir même. Le problème c'était que cette substance était interdite, nocive, et bien d'autres choses dont on se foutait pas mal à l'époque. On était quatre, il y avait moi, Maël, Colas et le fou. Qu'est-ce que c'était le pied. On était tout le temps ensemble, défoncés, et parfois, pour couronner le tout, on s'attrapait quelques nanas. On était plutôt apprécié.
On savait qu'on pouvait toujours compter les uns sur les autres, on ne s'engeulait jamais, et la routine de notre vie on la vivait bien car tant que ça continuait c'était bon signe. On arrivait en cours, on dormait souvent, on dessinait parfois inspirés par je ne sais quel espoir. On avait étudié le mythe de Pandore, ça venait probablement de là. Peut être que la passivité commençait à prendre l'ascendant sur nos anciennes conneries. On était devenu différents, on avait évolué, et le mieux dans tout ça c'est qu'on avait dans notre poche tous les dealers du coin. On avait des projets complètements fous, et d'ailleurs ils venaient tous d'Édouard. Ce mec, disait qu'il allait passer son permis d'avion, emprunter un Cessna dans un petit aérodrome et revenir avec des centaines de kilogrammes de cannabis, on l'aurait alors vendu, on se serait acheté un hydravion à nous, puis au deuxième tour on aurait accumulé assez de tunes pour payer l'essence d'un voyage autour du monde. On voulait trouver une île déserte, créer notre propre civilisation, en définitif faire ce qui nous plaisait. Enfin, on aurait cultivé du chanvre et on serait revenu dans le nord pour le vendre. Édouard disait qu'au bout de quelques années on aurait pu se l'acheter cette île. Mais nous, même si on l'écoutait avec enivrement, on savait très bien qu'il rêvait et ça nous foutait d'autant plus mal. On savait qu'il n'allait pas bien, qu'il cherchait à tout prix à s'enfuir de la vie réelle mais on se bougeait pas, d'ailleurs on en parlait presque jamais puisqu'il était tout le temps avec nous. On l'aimait.


Peu de monde se préoccupait de ce malaise qui régnait à c½ur ouvert dans le lycée. Si on fumait c'était pour plusieurs raisons dont l'ennui et la mélancolie faisaient entièrement partie. Le système dans lequel on vit ne se préoccupe guère de cela. Aujourd'hui, un quart des élèves du secondaire fument le « bédo ». Les politiques veulent éradiquer la substance, ça fait plaisir aux parents, aux électeurs, mais tout le monde sait que de toute façon que ce soit ça ou autre chose, le véritable problème n'est pas à la cime de l'arbre mais au plus profond de la terre, dans ses racines. Comment un homme, après avoir fait tant d'années d'études dans le cercle judiciaire, peut-il ne pas comprendre que si l'on déroge aux lois alors en vigueur c'est pour mieux en montrer sa souffrance? Comment un législateur ne peut-il pas être doué de clairvoyance? Le jour où le droit positif tiendra compte de l'existence du déterminisme, les antagonismes n'orneront plus notre vie quotidienne. Si l'on naît tous avec les mêmes sens ce n'est que pour communiquer nos attirances, nos douleurs et nos agréments. Aujourd'hui cela n'existe plus. L'important c'est la rentabilité.

Au bout du compte, le conseil de classe de première est arrivé, on a tous redoublé, tous sauf lui. Ce n'est pas pour autant qu'il nous a laissé tomber. Ah, ça non jamais ! On était vraiment liés. Les grandes vacances ont même été géniales. On est parti avec mon père en bleues pour la Dordogne, fallait voir ça, cinq mobylettes sur la route les unes derrière les autres. On a traversé des tonnes de villages, on a médité sur un paquet de sujets. Je me rappelle bien d'une nuit, il faisait si beau, si chaud, qu'on est resté au bord d'une rivière, les pieds au dessus de l'eau à parler de la vie, des amours, toute la nuit. Oui, des amours et je me souviens bien que le fou et mon père avaient partagé cette sensibilité du sentiment. Nous on les écoutait. C'est vrai, les femmes, on sait jamais ce qu'elles veulent, on a toujours l'impression qu'elles courent après quelque chose qu'on ne pourra jamais leur offrir. Selon le fou, si les femmes faisaient marcher l'économie de la France, si elles avaient tant d'attirance pour les soldes, si elles aimaient tant plaire, ça cachait quelque chose de beaucoup plus profond et là, il proposa l'idée d'une faible dépression continuelle due à la trop grande place qu'elles accordent au paraître. Il a ajouté qu'il ne comprenait pas la féminisation des pensées sociales, « Après tout Platon à peut-être tort de donner tant d'importance à l'égalité entre les femmes et les hommes dans sa Callipolis, puisque si l'homme possède une force supérieure, apportant ainsi la protection à sa moitié qu'apporte donc la femme à l'homme? ». C'est à ce moment là que mon père a répondu sans même réfléchir, « ta raison de vivre ». Édouard était d'accord avec lui, il n'y avait aucun doute, il avait acquiescé, impressionné comme si, pour la première fois, quelqu'un venait de répondre à une des questions existentielles les plus importantes auquel il avait songées. On est resté deux semaines à Sarlat puis on a retrouvé notre vie banale à la mi-juillet. Les grandes vacances se sont vite écoulées et on n'a plus eu de nouvelles d'Édouard pendant un bon bout de temps. On lui en voulait pas, on savait pertinemment que le divorce de ses parents aller prendre fin à la rentrée, en septembre, et que pour l'instant c'était une mauvaise passe pour lui. On a été patient.
La rentrée est arrivée. Je me rappelle surtout du premier jour, au soir. On lui avait pas parlé de la journée, puis il est arrivé dans notre chambre, nous a embrassés et a basculé sa valise sur le lit qui ne portait pas encore de couette. Il faisait vraiment une tête d'enterrement. Il a rangé ses affaires, posé ses caleçons avec ses chaussettes, ses pantalons avec ses pulls puis il a refermé la porte de son armoire, s'est retourné et nous a lancé : « je vais fumer une clope ». On n'a pas osé le suivre.
On a diné ensemble mais on a mangé seul. L'écho des bruits de couverts et celui des discutions aux alentours nous plongeaient dans une ambiance pleine de morosité. On était triste et on savait pas pourquoi. En fait, c'était encore cette saleté d'aura qui nous affectait. Edouard était aussi livide que les murs de sa salle d'inspiration. Il la concevait blanche avec un bureau marron et une chaise de paille pour seules décorations. Puis il a coupé court à ma réflexion et s'est retiré de table sans nous permettre de le suivre. D'habitude, il rangeait ses couverts, enfilait son manteau, nous regardait et se levait doucement, seulement si nous avions tous finis de manger. On s'est regardé, mais que dire ? Cinq minutes plus tard, on est sorti. J'ai demandé du feu à la plus jolie fille que je voyais une clope au bec. On a marché dans l'allée, dans la direction de l'internat. Edouard était assis sur une table de ping-pong et regardait le stade qu'elle dominait. Il faisait encore jour, c'était la fin de l'été. Le soir, tous allongés sur notre lit, on lisait. D'habitude c'était des mangas, des magazines de cinéma voire des livres érotiques, mais ce soir-là Edouard tenait entre ses doigts un petit livre du nom d'Aurélia. Il avait changé. Au bout d'une heure, j'en ai eu marre. Je me suis levé, j'ai jeté mon journal là où j'étais assis et après avoir effectué quatre pas, je me suis posé près de lui. Il a fermé son livre et s'est mis à pleuré, se cachant les yeux avec ses mains. Aussitôt il a rouvert le livre et s'y est consolé, s'essuyant les larmes en se frottant la figure sur les pages 36 et 37. « Putain, je suis mal », il a dit. Je lui ai demandé « Qu'est-ce qui se passe ? ». Il a répondu « Je me suis engueulé avec ma mère, je lui ai mal parlé et j'ai l'impression qu'elle est loin. » Je lui ai demandé « Pourquoi ? »
Il a fini par m'expliquer la scène après avoir ôté le saint objet qui cachait l'immensité de son désespoir. Il pleurait de plus belle. Il lui avait dit « casse-toi », alors qu'elle l'avait gentiment emmené au bahut. Il ne savait pas pour quelle raison il lui avait lancé ça et il m'a dit qu'elle s'en été allée, énervée comme jamais. Je lui ai dis « appelle-la maintenant ». Il l'a fait. Au bout d'une conversation aux sonorités de jérémiades, il a raccroché et a dit « elle vient de me dire : je me casse ». Puis il a réfléchi. Je ne l'avais jamais vu dans cet état pour sa mère. D'habitude, et on est tous pareils, nous, les fils uniques on sait jamais s'y prendre avec une mère qui vous considère comme le centre du monde. C'est si étouffant, ça gâche la vie. Il y a de nombreuses raisons à cela mais celle qu'il rabâchait souvent en était bien une affreuse conséquence. Il disait qu'en plus d'être possessives, les mères comme elle, en oublient le reste, leurs maris. Après s'en suit logiquement un conflit entre père et mère. Elle l'avait évincé de lui, c'était comme si elle le lui avait arraché, écarté au plus loin, pour s'accaparer de son unique progéniture.

Le lendemain on a été en cours. Moi, j'avais finalement réussi à passer en terminale, en faisant appel. On était dans la même classe. A la pause de dix heures on est descendu devant l'entrée du lycée fumer notre habituelle cigarette. Chloé, sa copine de l'époque, nous avait accompagnés. Il venait de lui dire que c'était fini, qu'il était fatigué, qu'il avait autre chose à penser. Il avait le visage froissé comme ces enfants qui naissent naturellement, enlaidis parce qu'ils n'ont pas eu le droit à la douce césarienne. Elle s'est mise à pleurer, moi j'arrivais plus à le comprendre. Cette fille, c'était l'Ashtart contemporain. S'il avait continué, il aurait tout perdu. Les cours suivants nous ont paru une éternité, en plus fallait pas espérer avoir notre dose de Tétrahydrocannabinol les premiers jours de l'année. Ce mardi, on était faible. Le soir, avant d'aller se remplir l'estomac de denrées peu exquises, il a sorti comme ça : « On devrait timbrer notre corps comme on le fait pour les colis qui méritent la délicatesse. Ne pas prendre cela en compte, c'est comme faire sauter à l'élastique un quinquagénaire cardiaque ». Il s'en voulait toujours et d'autant plus que s'écoulaient les heures.
Après le dîner, on est remonté dans notre chambre. Le pion a fait l'appel et nous a demandé de travailler à notre bureau, répétant comme il le fera par la suite et inlassablement tout au long de l'année: « objectif baccalauréat ». Il referma la porte. On est resté sur nos pieux puis le fou s'est endormi. Ca me rendait heureux de le voir avec ce sourire inconscient. Il était beau.
Alors que je commençais à m'enfoncer dans la passivité, un puis deux puis trois coups rauques résonnèrent dans le vide de la pièce. Quelqu'un entra. C'était la conseillère d'éducation. Edouard dormait encore. « Bonjour », elle a dit. Edouard s'éveilla en s'étirant, les yeux fermés. Lorsqu'il les a ouverts, il s'est tout de suite levé de son lit comme pour un garde à vous. Elle lui a demandé de la suivre, il a demandé des explications, elle lui a répondu qu'elle ne savait rien, que le proviseur l'attendait, il a alors acquiescé comme s'il n'avait rien à se reprocher. Il l'a suivit. Les bureaux de l'administration étaient de l'autre côté du bahut. Durant le trajet, il essaya de se justifier croyant qu'on l'accusait de biens des maux dont il n'était pas coupable. Il lui raconta ses deux derniers jours, que le premier cours de philosophie lui avait beaucoup plu. Il lui expliqua sa conception de la philosophie qui était de « re-fléchir sur les choses ». Il lui a dit tout un tas de banalités qui sortirent de sa bouche sans qu'il ne puisse expliquer pourquoi. On aurait dit qu'il savait ce qui l'attendait mais qu'il voulait y échapper. Ils arrivèrent enfin devant l'aquarium du lycée et entrèrent dans le couloir des bureaux numérotés. Il vit que la dernière de ces pièces était ouverte, la lumière se projetant sur le mur du corridor. Il était comme malade, ses jambes grelottaient et son c½ur battait la chamade. Il arriva devant la salle de profil puis porta son regard à l'intérieur. Le proviseur se tenait debout. Son père, qui était assis tout en pleurant à chaudes larmes, se détourna vers lui et lança sur le ton d'une affirmation qui ne pouvait être réfutée « Maman est morte ». Il lui expliqua qu'elle s'était déportée sur la voie de gauche, sur la route de son travail, aux alentours de neuf heures. Dans un virage au beau milieu d'un boccage, elle ne vit pas arriver le bus caché par des haies et ne put l'éviter. Un choc frontal à plus de 60 km/h ça ne pardonne pas. Il repartit avec son père, trainant le pas, pensant à tout et à rien. Il ne pleurait pas. Il n'y arrivait pas, il n'arrivait pas à y croire.
Ce soir là, tout a changé. La dernière image qu'il avait d'elle, c'était son profil du côté gauche, après lui avoir dit "casse-toi". Elle était assise dans sa voiture verte Amazonie et elle tirait sa ceinture avec répétition, car comme tout le monde le sait, elle se bloque lorsqu'on est trop brusque. La dernière perception d'une chose en mouvement occasionnée par elle, c'était les pneus arrière de sa voiture qui tournaient sur place, faisant émaner un nuage gris-blanc de poussières dans le ciel qui l'était déjà. Puis, elle s'en était allée.

Le lendemain matin, il se réveilla à l'aube. Il descendit les escaliers et tomba nez à nez avec une foule vêtue de noir, sa famille. Le jour allait être terrible. Il voulait la voir une dernière fois. Une tante inconnue lui servit un café. Il le sirota tout en fumant une clope puis il vit le journal du jour. Sur la première page, il y avait une photographie de la voiture vert Amazonie de sa mère. Elle était déchiquetée et le moteur semblait être enfoncé dans le siège du conducteur. C'était comme un désert haché portant les cicatrices d'une ancienne prospérité. Le vert subsistait sur la carcasse broyée. L'espérance persistait. Il voulut tout d'abord aller sur les lieux de l'accident. Son père l'y emmena. Ils cherchèrent les clefs de contact qui avaient été éjectées lors de l'impact et ne trouvèrent que des débris de divers accessoires des deux véhicules. Ils y restèrent deux heures. Cet endroit c'était celui du trépas, un lieu où tout semblait être vacant d'êtres et de sentiments. C'était le purgatoire des âmes sensibles. Il passait son temps à attendre, s'occupant a prouvé la fausseté d'une indéniable vérité. En définitif, elle était bien morte.
Ils grignotèrent à la maison, en famille. Enfin, le tantôt, ils sont allés aux pompes funèbres municipales pour acheter le cercueil et voir la défunte. Elle reposait dans la salle Iris. Il avait peur, mais il voulait la voir. Il voulu y entrer en premier, une gerbe de fleurs dans les bras. Il tourna une grosse clef de cuivre qui se trouvait déjà dans la serrure et poussa légèrement la porte. Un rideau séparait la salle en deux. Il ne la voyait toujours pas. Il posa délicatement et comme au ralenti le bouquet sur le sol puis referma la porte. Sa famille l'attendait dans le couloir. Il ouvrit d'un coup sec le rideau et tomba à genoux. Il avait fermé les yeux et ne pouvait les rouvrir, il ne pouvait plus supporter son courage insensé. Il s'écrasa le visage sur le sol gelé, finit par rouvrir les yeux, puis releva la tête tout en éraflant le bout du matelas sur lequel la défunte était étendue. Il inspira profondément par le nez. La salle était remplie de parfums émanant des centaines de bouquets qui la parsemaient et dont les couleurs se côtoyaient pareilles à une peinture impressionniste. Elle dormait. Elle était belle. Elle était une de ces fleurs ravissantes qui immortalisaient l'instant. Mais il ne put contenir son énergie, sa colère. Il n'avait que dix-sept ans et était encore vulnérable. Cette première expérience de la mort le rendit à lui-même. Il cassa tout, les pots de fleurs valsaient avec les ornements de la chambre mortuaire. Il pleurait de tout son être. Son père entra dans la salle et l'emporta dans le couloir. Edouard, lui, était terriblement affecté. C'est bizarre comme on peut dire de n'importe qui : « il est triste ». La tristesse c'est bien plus que ce mensonge quotidien et apparent que nous côtoyons tous, la tristesse c'est au plus profond de nous qu'elle nait et au plus profond de nous qu'elle meurt. Elle n'a pas de corps, elle vit véritablement.
Le lendemain il prépara l'enterrement. Il voulait des roses rouges et blanches, uniquement cela. Son v½u fut exhaussé. En entrant dans cette église de village, il se sentit chez lui. L'athée est devenu croyant, porté par tant d'attention et d'immensité. J'étais présent. Je me rappelle surtout de son discours qui clôtura la cérémonie. Il en émanait une énergie invincible qui m'a traversé le corps. Il était prononcé sur un ton ferme, amplifié par la résonance de l'édifice.


Maman, ma maman,

Le malheur qu'aujourd'hui je dois affronter me paraît insurmontable.
J'ai tant de peine, tant de chagrin, tu me manques tellement que je me demande si je pourrai continuer ce long et tortueux chemin qui jusque là nous semblait déjà si difficile.
Toi qui a toujours su m'apporter tant d'amour, toi qui m'a toujours guidé,
Toi qui a toujours tout fait pour mon bien en contre partie du tien.
Je tenais à te dire à travers ces quelques mots :
Deux êtres humains se sont liés pour le meilleur comme pour le pire, et le pire n'est pas de te voir sans vie, le pire c'est de comprendre que la personne que j'aime le plus au monde est partie comme le vent glisse sur la cime des arbres, en un instant sans que je ne puisse l'imaginer auparavant, et à jamais. Maman, je sais que tu m'écoutes, ce message n'est pas adressé à l'église entière mais à toi, enfin et uniquement à toi. Je sais que les mots et la pensée font deux, mais en cet instant je n'ai jamais été aussi sincère de toute ma vie. S'il te plait, je t'en conjure promet moi de penser à moi et à mon bonheur comme tu l'as toujours fait. Oui, je ne te suivrai pas tout de suite, mais c'est ce que je pense être le meilleur pour nous. Je souhaite que quand à mon tour je monterai au ciel te rejoindre, quand la vie en aura décidé ainsi, te voir rayonnante et heureuse avec la plus grande des fiertés pour toi, celle de savoir que son unique fils soit un exemple pour d'autres. De la vie à la mort, il se passe tellement de choses inutiles, des milliards et une infinie de gestes et de pensées, qui cependant gouvernent notre vie et la tienne. Certains appellent ça le destin, d'autres ni pensent même pas mais, le fait d'avoir fait un geste en plus ou en moins, le fait que tu te sois retrouvée à ce moment là, dans ce virage à l'instant ou ce bus est arrivé me laisse croire que ton heure était venue et que c'est Dieu ou une tout autre force supérieure qui avait décidée de cela. Je crois en cela maman car si je n'y croyais pas je ne m'en sortirai jamais. Le brin d'air qui me fait penser à l'avenir et me fait croire que la vie vaut d'être vécue c'est toi, oui c'est toi, ton souvenir et ton amour. Et puis il y a papa avec qui j'ai beaucoup parlé et qui m'aide à tenir le coup, il y a tellement de monde que je ne sais que faire mise à part essayer de faire mon deuil. Maman j'apprends encore de toi, aujourd'hui j'ai compris à travers l'amour que tu ressens pour moi que nous ne devons pas penser au mal mais avant tout au bien et que nous sommes liés pour toujours par les liens humains les plus solides et les plus forts. Oui, nous vivons, et oui nous souffrons, mais avant tout il nous faut aimer et ne pas haïr, pardonner et ne pas critiquer car l'amour est plus fort que la mort sur l'échelle des sentiments.
Tu as été là durant 17 ans et je n'ai jamais cessé de t'aimer,
Maintenant tu es partie dans des conditions certes tragiques mais il n'y a pas d'amour sans tragédie et pas non plus de tragédie sans amour. Je t'aime et je t'aimerai toujours quoi qu'il arrive, ma première pensée sera pour toi, mes priorités seront tes désirs, mes besoins seront les tiens.
A ma maman je t'aime purement, sans limite et à jamais.
Ton enfant qui t'aime, qui t'aime et qui ne pense qu'à t'aimer.

Il est revenu fin octobre en cours de terminale. Il ne voulait pas en parler. Il a fini troisième de sa classe. Il fumait toujours et d'autant plus mais il posséder maintenant une hargne de la vie qu'on ne cessera jamais de lui reprocher. Pourquoi? Trop de franchises nuit aux hypocrites. Cependant il voyait un prêtre, sur conseil du proviseur, qui venait au lycée tous les premiers mercredi du mois. Leur relation était mauvaise parce qu'il passait son temps à se lamenter sur son sort. Que dire d'un prêtre qui ne sait pas entendre les pleurs ? Que dire d'un prêtre qui s'étend sur son malheur ? Il était d'origine Polonaise et racontait à Edouard ses voyages en Russie. « A Leningrad, il neige en ce moment même et il parait que la nuit c'est merveilleux de voir ses bâtiments ensoleillés de blanc. J'aimerais t'y emmener. Entendre l'accordéon et sentir ce vent si rare qui ne s'abat que sur la Berezina », disait-il. Edouard s'en foutait pas mal. Il n'y était plus retourné après les vacances de Noël. C'était une force de la nature, mon exemple. Il a eu son bac.

Après, on a continué à se côtoyer, on était voisin de pallier. On partait souvent en vacances, moi et ma femme, lui et la sienne, tous ensemble. Un beau jour, vers ses trente printemps il a lâché son boulot de banquier. Il s'est fait écrivain mais il était mauvais, personne ne voulait le publier. Son couple allait mal alors je les ai aidés financièrement, seulement cela ne suffisait pas. Je ne pensais pas me rappeler d'autant de choses mais je ne suis pas pour autant soulagé d'avoir dévoilé ces faits. Mon fardeau c'est celui de la culpabilité.


Le charivari avait laissé place au doux sifflotement de la brise qui venait juste de tomber accompagné de la nuit. Un morceau de papier s'était déposé sur le banc parmi les feuilles orangées, tombées du marronnier qui le surplombe. Dessus était inscrit en lettres d'or « Emma, Saches que je garderai toujours l'esprit spiral. C'est impossible de faire rentrer tant de rosaces à l'intérieur d'un carré impersonnel et plein de sarcasmes. Les carrés sont trop simples à dessiner, ils te lasseront, j'en suis persuadé. Je te hais, je vous hais tous. » Il commençait à faire frais, j'ai alors repris mon manteau, après tout il n'en avait plus besoin. On ne se couvre pas parce que notre corps à froid mais tout simplement parce qu'on s'aperçoit qu'il fait froid. Lui ne peut plus se rendre compte de grand chose à l'heure qu'il est, j'avais pensé. C'était sûrement pour me justifier d'un de ces petits actes humains par excellence. Je me dégoûte à vrai dire. Emma m'avait priée d'appeler la morgue, mais je ne l'avais pas fait. Elle était partie une heure auparavant et elle ne m'a même pas adressé un regard. C'est injuste.
Moi, je m'appelle Alphonse Eperfid et j'ai détruit une vie comme on brise un vase. Je n'étais pas si mauvais, ça me donnait mauvaise conscience, comme si le vase avait abîmé un temps soit peu le carrelage. Le chauffeur mortifère du bus c'était mon père et moi j'ai eu une relation avec Emma, sa femme. Je lui ai fait l'amour, elle m'a souvent préparé à manger, je l'ai dorloté devant des feux de cheminée et elle me racontait le moindre de ses secrets. Édouard, lui, c'était juste un martyr de plus, un de ces êtres qu'on croit juste misanthrope. Il venait d'atteindre l'âge bilan, et le résultat a du l'effrayer. Il ne croyait plus en son île, il n'avait plus de rêves. Le plus important dans tout ça, ce n'est pas de savoir qu'il a une aversion pour le genre humain, qui il était ; le plus important c'est de savoir pourquoi il l'est, pourquoi il l'était.
Il s'en été allé.


L'auteur
t.r

# Posté le vendredi 16 mars 2007 11:37

Modifié le vendredi 16 mars 2007 23:16