L'attente, l'attente d'un soleil qui ne vient pas. La pluie berce les après-midi funestes de cette campagne interminable, alors je m'occupe à la destruction massive de ce que j'aime le plus, les arbres, et moi. N'y a-t-il pas de fin? Y en a t-il qui attendent pour les autres? Moi, je déteste et je détesterai toujours les salles d'attente, c'est petit, sombre et ennuyeux à en crever. T as beau lire des magazines, regarder à travers la petite vitre, il n'y a rien, rien qui puisse te sortir de ce purgatoire des âmes sensibles. Des fois il y a des gens qui t'accompagnent ou qui arrivent comme t'es arrivé. Mais que diable ils te cachent la vue et semblent te voler ta place sur commande d'un sauveur que tu t'impatientes de voir. En fait, une salle d'attente c'est comme la mort biblique, t'attends, quelqu'un vient et dit un nom, souvent ce n'est pas le tien et il repart et ferme la porte. Il te condamne. L'attente est cruelle, rien de pire que d'errer mentalement. Les songes expiatoires n'y font rien mise à part que de t'enfoncer davantage dans ce labyrinthe de boue. La roue tourne lentement et toi tu te meurs.